Introduction

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Eiji OTSUKA

« Pourquoi ai-je commencé l’École Mondiale du Manga ? Il y a deux raisons : la première est qu’à travers ce travail nous pouvons approfondir notre connaissance de l’histoire et des caractéristiques du manga japonais ; le manga ne devient universel que quand il est compris plus profondément à travers l’acte de le dessiner, au-delà de la lecture. La seconde est que cette activité suscite une autre réflexion : comment l’influence réciproque, entre les techniques du manga japonais et celles d’autres pays, développent un avenir propice. En ce sens, le manga japonais n’a pas encore atteint la perfection, il doit être toujours ouvert. »

(L’École Mondiale du Manga, Eiji OTSUKA, Leçon1, Kadokawa, Octobre 2013)

« Qu’est-ce que l’École Mondiale du Manga ? »

L’ « École Mondiale du Manga » n’est pas juste un événement temporaire dans des salons ou des expositions, mais un programme d’enseignement qui s’adresse non seulement aux japonais, mais aussi à tous ceux qui s’essayent à l’adaptation du style du manga japonais dans leur pays. Nous, Toulouse Manga, nous sommes associés à Eiji Otsuka pour ce magnifique projet en tant que représentants français et premiers représentants européens de ce programme.

L’École Mondiale du Manga est ouverte à tout le monde et prend quatre formes :

1.        Une publication mensuelle sous forme d’articles dans le manga-shi Young Ace de Kadokawa, magazine mensuel de Manga au Japon. En même temps les articles traduits paraissent sur internet en Corée, à Taïwan, en Chine et en France. Vous pouvez désormais les lire sur le site de Toulouse Manga, rubrique Sekai Manga Juku.

2.   Comme émission télévisée sur Nico Nico Dôga à laquelle quelques-uns de nos élèves ont eu le privilège de participer. Eiji Otsuka en personne a pu prodiguer ses conseils directement à chaque apprenti mangaka.

3.        En tant que séminaire à la prestigieuse université de Tokyo au Japon, qui s’est déroulé en 2013.

4.   Comme ateliers dans des salons ou sous forme de conférences universitaires, qui ont déjà été donnés à Hong-Kong, Singapour, Pékin, Séoul, Montréal et Toulouse (à Toulouse Manga et au TGS). D’autres sont prévus partout dans le monde.

Sur notre site, vous trouverez les versions françaises des articles parus dans le mangashi Young Ace rubrique SEKAI MANGA JUKU, les émissions de Nico Nico Dôga et les vidéos sous-titrées de l’atelier.

fig1
Fig.1 : Young Ace Décembre 2013 (gauche) ; Article sur l’Atelier à Toulouse manga dans le Young Ace de févier 2014 (milieu) ; Site de L’École Mondiale du Manga à Taïwan : http://p.tl/hPOK (droite) .

 

 « Des cours pour révéler les secrets du manga japonais »

L’École Mondiale du Manga a pour but non pas d’enseigner le dessin mais d’enseigner le manga dans sa dimension narrative, en expliquant comment créer un nemu (story-board) de manga. La technique de création du story-board est presque secrète car elle a été élaborée par tâtonnements, au fur et à mesure des années, entre les mangaka et leurs éditeurs. Dans cette école, Eiji Otsuka enseigne généreusement cette technique qui a été directement reprise de Shôtarô ISHINOMORI.

ishinomori
Shôtarô ISHINOMORI

Né dans le bourg d’Ishinomori dans la préfecture de Miyagi, dont il a pris son nom de plume, Shôtarô ISHINOMORI est notamment l’auteur des mangas: Cyborg 009 (1964), Le Vent Du Nord est Comme Le Hennissement d’un Cheval Noir (1966). Ses mangas faisaient parfois l’objet d’adaptations télévisées et filmées en “Tokusatsu” comme Kamen Rider (1971)dont les séries télé sont toujours d’actualités; Goranger (1975) qui est la racine de Bioman et Power rangers, et San Ku Kai (1978). On peut donc dire qu’il est ainsi le père du Tokusatsu.

ISHINOMORI, le plus jeune parmi le groupe Tokiwa-sou (groupe de mangaka dont faisait notamment parti Osamu TEZUKA), est un héritier théorique d’Osamu TEZUKA.

Son livre titré Manuel de Mangaka (1965, Alita shoten), dans lequel il a élaboré les techniques cinématographiques du manga, est accepté par la plus jeune génération de mangakas, le Groupe de l’an 24 et Eiji OTSUKA, comme manifeste du manga. Dans ce livre, il s’appuie sur son manga Ryûjin-numa pour démontrer que le manga se base sur les techniques du cinéma.

 

Manual de mangaka
Fig.2: Manuel de Mangaka (Mangaka Nyûmon), ISHINOMORI

Travaux d’Eiji OTSUKA et l’École Mondiale du Manga 

 Eiji Otsuka a commencé sa carrière en tant qu’éditeur de manga, dans les années 80, alors que la communauté Otaku était en train de se former autour de Media Mix comme le manga et l’animé. Ce procédé inconscient donnera ensuite naissance au Dôjinshi. Ce mouvement a donné au style de dessin du manga un impact qui l’a rapproché de celui de l’animation (Naissance du COMIC MARKET). Témoin de ce phénomène et du développement d’un nouveau type de désir, celui des Otaku, Eiji Otsuka décida de développer les Media Mix pour viser ce grand marché potentiel. Il dressa le projet de MADARA, développé simultanément sous forme de manga, animé et jeu-vidéo. Ce fut la première fois qu’un Media Mix fut programmé en s’adressant au marché Otaku. Aujourd’hui ce procédé a été élaboré et éprouvé comme « Business Model ». Mais il ne faut pas l’oublier : c’est Eiji Otsuka qui a pris conscience le premier du marché offert par les Otaku et qui a établi ce « Business Model » de Media Mix.

  Une des caractéristiques de ce marché est la difficulté de distinguer les consommateurs des producteurs (les auteurs et les dessinateurs). Un auteur de « Dôjinshi », par exemple, est un consommateur qui créait des mangas amateurs à partir de récits déjà produits par quelqu’un d’autre. Otsuka décrit dans son livre ce type de comportement d’Otaku en employant le terme de «consommation de récit». Il a théorisé le procédé du Media Mix en analysant le comportement des consommateurs et s’est aperçu que cette « consommation du récit » est un avantage à exploiter. Aujourd’hui ce marché est devenu tellement énorme qu’il procure chez certains une vague inquiétude.

Après avoir théorisé le comportement des Otaku, Eiji Otsuka s’est intéressé au côté créateur de l’Otaku. Si une création secondaire n’est qu’une consommation, pour les Otaku qu’est-ce que la création? Quand Otsuka a commencé à réfléchir à cette question, il a pris conscience de la mondialisation du manga japonais et s’est aperçu de la présence au Japon d’étudiants étrangers qui essayent d’adapter le manga japonais à leur propre pays. Ses étudiants venaient suivre ses cours à l’université. Il fut étonné que des gens, qui n’avaient pas le même bagage culturel, aient le comportement consommatoire, comme les otaku japonais, à la fois de consommations et de créations. Il fut impressionné par leur désir de création, supérieur selon lui à celui des japonais, car ses étudiants allaient jusqu’à traverser les océans pour venir apprendre le manga directement au Japon. Cela lui fit réaliser que si quelques nuages s’annonçaient dans l’avenir du manga, c’est parce que les japonais avaient oublié le côté créateur de l’Otaku et ne s’intéressaient qu’au côté consommateur. La présence de ces gens-là lui a rappelé la créativité propre à l’Otaku et lui a fait entrevoir une nouvelle voie pour l’avenir du manga. Une communication entre la créativité de ces étrangers et celle des japonais est nécessaire pour engendrer la renaissance du manga, pas seulement pour copier le manga japonais. Voici donc le fondement et le projet de l’École mondiale du manga : encourager cette renaissance avec tous ceux qui aiment ce media, sous toutes ses formes.

 

Oeuvres d’Eiji OTSUKA concernant l’École Mondiale du Manga

(Tous les livres suivants sont disponibles uniquement en japonais)

  •         Manuels pour créer des mangas ou des light-novel

             Introduction à l’usage de techniques cinématographiques du manga, 2012, Ascii Media Works

             Story Maker, 2008, Ascii Media Works

             Character Maker, 2008, Ascii Media Works

             Comment créer un roman de «character», 2003, Kôdansha

             Gymnastique du récit, 2000, Asahi Shinbunsha

  •        Analyse du marché d’Otaku

             Histoire de la mentalité Otaku, 2004, Kôudansha

             De la consommation des récits, 1989, Shinyôsha

*voir aussi un livre de Hiroki AZUMA, Génération Otaku, 2008, Hachette Littérature

 

  •       Œuvres théorique du manga

             Propositions d’Astro boy, 2003, Tokuma shoten

             Formule de Disney, 2013, Kadokawa

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